Tri sélectif des déchets : que dit la réglementation ?

Article conseil

Tri des déchets : quelles évolutions en 2026 ?
Le tri sélectif des déchets constitue aujourd’hui un pilier fondamental de la politique environnementale française. Face à l’urgence climatique et à l’épuisement des ressources naturelles, la France s’est engagée dans une transformation profonde de son modèle de gestion des déchets, passant d’une logique linéaire « produire-consommer-jeter » à une économie circulaire visant à réduire, réutiliser et recycler.
Avec près de 580 kg de déchets ménagers produits par habitant et par an, et 63 millions de tonnes générées par les entreprises, les enjeux sont considérables. La réglementation française, portée notamment par la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (2015) et la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (dite Loi AGEC, 2020), fixe des objectifs ambitieux : réduire de 15% les déchets ménagers d’ici 2030, atteindre 100% de plastiques recyclés en 2025, et généraliser le tri à la source des biodéchets pour tous.
Chiffres-clés

580kg
de déchets produits par an et par habitant

-15%
Objectif de réduction des déchets résiduels d’ici 2030

17mds
Coût annuel de gestion des déchets par an

7
Nombre de flux de déchets que les pros doivent trier depuis 2025
Ces obligations concernent l’ensemble des acteurs : collectivités territoriales, ménages, entreprises et producteurs. Le développement des filières à Responsabilité Élargie du Producteur (REP), qui couvrent désormais plus de 20 secteurs différents, illustre la volonté de responsabiliser l’ensemble de la chaîne de valeur.
Entre contraintes réglementaires, objectifs chiffrés et évolutions constantes du cadre législatif, comprendre la réglementation sur le tri des déchets devient essentiel pour tous les acteurs de la société.
I. Quelles sont les obligations réglementaires pour les collectivités et les ménages en termes de tri des déchets ?
Les collectivités territoriales et les ménages sont en première ligne de la gestion des déchets. Cette responsabilité partagée repose sur un cadre réglementaire précis qui définit les obligations de chacun, dans une logique de service public pour les collectivités et de responsabilité citoyenne pour les usagers.

Le cadre réglementaire général du tri sélectif des déchets
La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) du 17 août 2015 a fixé des objectifs ambitieux pour la France en matière de gestion des déchets.
La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) du 10 février 2020 renforce ces obligations et étend les consignes de tri à tous les emballages d’ici 2022, simplifiant ainsi le geste de tri pour les citoyens. Cette simplification répond à un enjeu majeur : lever les freins au tri liés à la complexité des consignes, qui varient encore trop souvent d’un territoire à l’autre.
Obligations des collectivités
Les collectivités territoriales portent la responsabilité du service public de gestion des déchets, un enjeu à la fois environnemental, sanitaire et financier. Leur rôle est déterminant pour atteindre les objectifs nationaux de recyclage et de réduction des déchets.
- Service public de gestion des déchets : Les collectivités territoriales sont responsables de la collecte et du traitement des déchets ménagers. Cette compétence peut être exercée directement ou confiée à un syndicat intercommunal.
- Tri 5 flux : Obligation de mettre en place la collecte séparée de 5 flux de déchets : papier/carton, métal, plastique, verre et bois. Cette obligation s’inscrit dans la hiérarchie des modes de traitement définie au niveau européen.
- Biodéchets : Mise en place obligatoire d’une solution de tri à la source des biodéchets pour tous les usagers au 31 décembre 2023. Cette obligation majeure concerne 18 millions de tonnes de biodéchets produits chaque année en France.
- Tarification incitative : Encouragement à mettre en place une tarification incitative pour responsabiliser les usagers (objectif de 25 millions d’habitants couverts en 2025). Ce dispositif a démontré son efficacité avec une réduction moyenne de 30% des ordures ménagères résiduelles. Cependant la tarification incitative peut parfois s’accompagner d’une augmentation des dépôts sauvages, et d’une diminution de la qualité du tri. Une autre approche est possible : la collecte incitative.
Enjeux et perspectives pour les collectivités :
Les collectivités font face à des défis considérables : investissements dans de nouvelles infrastructures de collecte et de traitement, formation des agents, sensibilisation des usagers, et maîtrise des coûts. La généralisation du tri des biodéchets représente un tournant majeur, nécessitant des solutions adaptées à chaque territoire (compostage de proximité, collecte séparée, distribution de composteurs individuels). Le financement de ces évolutions repose en partie sur les soutiens des éco-organismes et sur l’optimisation de la tarification incitative, qui permet de récompenser les bons comportements de tri.
Obligations des ménages
Les ménages français sont directement concernés par les obligations de tri, qui évoluent progressivement vers une simplification et une extension des consignes. L’enjeu est de transformer le tri en un réflexe quotidien pour tous les citoyens.
- Tri des emballages : Obligation de trier tous les emballages ménagers dans les bacs ou conteneurs dédiés. Depuis 2022, l’extension des consignes de tri permet de déposer tous les emballages dans le bac de tri, y compris les films plastiques et les pots de yaourt.
- Tri des biodéchets : À partir de 2024, obligation de trier les biodéchets (épluchures, restes alimentaires) soit en compostage domestique, soit via la collecte séparée mise en place par la collectivité. Les biodéchets représentent environ 30% du contenu des poubelles des ménages.
- Apport volontaire : Utilisation des points d’apport volontaire pour certains flux (verre, textile, déchets dangereux). La France compte plus de 250 000 points d’apport volontaire sur l’ensemble du territoire.
Enjeux et perspectives pour les ménages : Le principal défi réside dans l’appropriation des nouvelles consignes de tri par tous les citoyens. Malgré les progrès réalisés, des erreurs de tri persistent et impactent la qualité des matériaux recyclés. L’harmonisation nationale des couleurs de bacs et des consignes, amorcée par la loi AGEC, devrait faciliter le geste de tri. La sensibilisation reste cruciale : comprendre l’impact environnemental du tri (économie de matières premières, réduction des émissions de CO2) renforce l’engagement citoyen. L’enjeu des biodéchets est particulièrement important : leur valorisation par compostage ou méthanisation permet d’éviter les émissions de méthane liées à leur enfouissement et de produire un amendement naturel de qualité.
Chiffres-clés pour les ménages
- 580 kg de déchets ménagers et assimilés produits par habitant en France en 2021 (ADEME)
- 68% de taux de recyclage des emballages ménagers en 2022 (Citeo)
- Objectif : 100% de plastiques recyclés en 2025 (Loi AGEC)
- Objectif : réduction de 15% des déchets ménagers et assimilés par habitant entre 2010 et 2030 (LTECV)
- 30% du contenu des poubelles des ménages sont des biodéchets valorisables (ADEME)
Focus
Tri et valorisation des biodéchets : nos solutions de mise en oeuvre
II. Quelles sont les obligations réglementaires pour les professionnels concernant la gestion des déchets ?
Le secteur professionnel génère des volumes de déchets considérables et se voit imposer des obligations renforcées en matière de tri. Les entreprises, commerces, administrations et artisans doivent désormais intégrer la gestion des déchets comme une composante essentielle de leur responsabilité environnementale et sociale.

Le tri 6 à 8 flux
Les professionnels doivent trier 6 à 8 catégories de déchets, selon leur activité.
- papier/carton
- plastique
- métal
- verre
- bois et textile
Depuis le 1er janvier 2025, cette obligation est étendue à :
- Les déchets de fraction minérale (plâtre, briques, tuiles, céramiques)
- Les déchets de fraction plâtre (séparés de la fraction minérale)
L’extension au tri 6-8 flux répond particulièrement aux besoins du secteur du bâtiment et des travaux publics, qui génère près de 46 millions de tonnes de déchets par an.
Ces obligations s’appliquent à tous les producteurs de déchets, qui doivent faire collecter leurs déchets par un prestataire adapté. En sont exemptés les professionnels qui ont recours au service public de prévention et de gestion des déchets (SPGD) et qui produisent moins de 1100 litres de déchets par semaine (tous déchets confondus), dans la mesure où ils respectent les règles de tri du SPGD.
Enjeux et perspectives : D’une façon générale le tri des flux de déchet réponds à plusieurs enjeux pour les entreprises :
–Réduction des coûts : optimiser la gestion des déchets générés par l’entreprise permets de réduire les coûts de stockage, collecte et traitement. En diminuant notamment la part des déchets résiduels les entreprises peuvent s’épargner de payer la TAGP que leurs prestataires de collecte et traitement leurs re factureront.
–Leurs reporting RSE : de plus en plus d’entreprises intègrent des objectifs RSE dans leurs objectifs globaux. La gestion des déchets est un axe prioritaire car il permet de démontrer l’engagement de l’entreprise vers une démarche de sobriété et d’économie circulaire et donc d’économie des ressources. L’entreprise peut décider de se donner des objectifs de %tage de matière triée pour recyclage ou valorisation, de %tage de matériaux réutilisés / réemployés, diminution des volumes de déchets résiduels produits..
–Des enjeux de communication : une gestion efficace des déchets, pour éviter le gaspillage, en favoriser le réemploi, le recyclage et la valorisation des matières fait partie des attendus pour les entreprises communiquant sur leurs objectifs RSE. Il est désormais indispensable d’en faire la preuve. Concrètement cela implique de permettre à tous les collaborateurs de pouvoir trier leurs déchets au sein des bureaux ( papiers, emballages, déchets organiques) mais aussi d’aménager des zones de dépôts des matières triées : aciers, métal, DEEE, petits équipements, plastiques chacun de ces flux doit pouvoir être trié et collecté facilement.
Un petit plus ? Permettre aux collaborateurs de composter sur place leurs biodéchets grâce à un composteur collectif adapté pour des lieux où les collaborateurs apportent leur déjeuner, ou à un composteur rotatif mécanique pour les biodéchets du restaurant d’entreprise.
Chiffres-clés pour les professionnels
- 63 millions de tonnes de déchets produits par les entreprises en France en 2021 (ADEME)
- Objectif : 65% de recyclage des déchets du BTP en 2025 (Directive européenne)
- 10 millions de tonnes de biodéchets produits par les professionnels par an (ADEME)
- 46 millions de tonnes de déchets du secteur du bâtiment par an
- 70% des déchets des entreprises sont potentiellement recyclables (ADEME)
Conclusion : vers une économie circulaire des déchets
La réglementation française sur le tri des déchets s’inscrit dans une trajectoire ambitieuse de transition vers une économie circulaire. Les obligations imposées aux différents acteurs – collectivités, ménages, entreprises et producteurs – convergent vers un objectif commun : réduire drastiquement la production de déchets, maximiser leur valorisation et préserver les ressources naturelles.
Les avancées sont réelles : hausse continue des taux de recyclage, développement d’infrastructures de collecte et de traitement, émergence de filières de réemploi et de réparation, sensibilisation croissante des citoyens. Cependant, les défis restent considérables. La complexité du cadre réglementaire, qui évolue constamment, peut constituer un frein pour certains acteurs. Le financement des nouvelles obligations, notamment pour les collectivités et les PME, nécessite des accompagnements adaptés. La lutte contre les incivilités et le développement d’une véritable culture du tri dans tous les milieux restent des priorités.
Au-delà des obligations réglementaires, c’est un changement culturel profond qui est en jeu. Passer d’une société du jetable à une société du durable implique de repenser nos modes de production et de consommation. Les prochaines années verront l’émergence de nouvelles filières REP, le renforcement des objectifs de recyclage, et surtout une priorité accrue donnée à la prévention des déchets et au réemploi. Le tri des déchets n’est plus seulement une obligation environnementale : c’est un levier de création d’emplois locaux, d’innovation industrielle et de résilience territoriale.
Abriplus : des solutions de tri des déchets adaptées aux collectivités et aux entreprises
PME française engagée dans la diffusion de matériels dédiés à l’adoption de gestes durables Abriplus peut vous proposer différentes solutions pour aménager vos zones déchets.
- Des abris-bacs de tri sélectif
- Des cache conteneurs pour délimiter une zone de stockage
- Des locaux poubelles sécurisés
- Des solutions de tri et valorisation des biodéchets
Nos équipes sont là pour vous conseiller
Sources
- ADEME – Déchets chiffres-clés 2023
- Legifrance – Code de l’environnement
- Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires
- Citeo – Rapport annuel 2022
- Loi n°2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte
- Loi n°2020-105 du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (Loi AGEC)
- Directive européenne 2008/98/CE relative aux déchets
- Éco-organismes agréés (sites officiels)
- Code général des collectivités territoriales
- Décrets d’application des filières REP