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Tri des déchets : quelles évolutions en 2026 ?


L’année 2026 s’annonce comme une période charnière pour la gestion des déchets en France. Entre l’extension des filières de Responsabilité Élargie du Producteur (REP), l’augmentation de la Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP) et les nouvelles perspectives économiques liées à la valorisation des matières, les collectivités et les professionnels doivent se préparer à des changements majeurs.

1. L’extension des filières REP : de nouvelles responsabilités pour les producteurs

La France poursuit son engagement en faveur de l’économie circulaire avec l’élargissement progressif des filières REP.

REP EMballages professionnels - 2026

Focus : La REP Emballages professionnels, une nouvelle étape majeure

Parmi les évolutions majeures de 2026, la mise en place de la REP Emballages professionnels représente un changement structurel important pour les entreprises et les collectivités.

Calendrier et mise en œuvre

  • Novembre 2025 : Publication du décret instituant la filière REP pour les emballages utilisés par les professionnels, distinguant clairement les emballages B2B (business-to-business) des emballages ménagers déjà couverts par Citeo et Adelphe.
  • Juillet 2026 : Agrément officiel des éco-organismes dédiés à cette nouvelle filière, marquant le début opérationnel de la collecte des contributions et de l’organisation des dispositifs de reprise.

Périmètre et obligations

Cette nouvelle filière concerne spécifiquement :

  • Les emballages B2B : Cartons, films plastiques, palettes, caisses et contenants utilisés dans les circuits professionnels (logistique, transport, commerce inter-entreprises).
  • Les producteurs et importateurs : Obligation de contribuer financièrement à la gestion de fin de vie de ces emballages selon le principe de responsabilité élargie.
  • Les entreprises utilisatrices : Mise en place progressive d’obligations de tri et de valorisation de ces flux spécifiques.

Impact attendu

  • Structuration d’une filière dédiée : Création de points de collecte et de circuits spécialisés pour les emballages professionnels, distincts des flux ménagers.
  • Financement du recyclage : Les contributions des producteurs permettront de financer la collecte, le tri et le recyclage de plusieurs centaines de milliers de tonnes d’emballages professionnels par an.
  • Opportunités pour les entreprises : Mise en place de dispositifs de reprise gratuite ou à coût réduit pour les entreprises qui trient correctement leurs emballages.
  • Harmonisation des pratiques : Standardisation progressive des consignes de tri et des modalités de collecte pour les emballages B2B sur l’ensemble du territoire.

Cette nouvelle REP illustre parfaitement la dynamique en cours : une extension progressive du principe pollueur-payeur à de nouveaux secteurs, créant à la fois de nouvelles obligations mais aussi des opportunités de valorisation et d’optimisation des coûts pour les acteurs économiques.


2. TGAP : une augmentation progressive pour inciter à la valorisation

La Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP) appliquée aux installations de stockage et d’incinération de déchets non dangereux continuera d’augmenter en 2026, conformément à la trajectoire définie par la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC). Toutefois cette hausse sera inférieure à celle prévue en première intention. Une bonne nouvelle pour les collectivités dont certaines avaient fait part de leur inquiétudes ( Lire https://www.intercommunalites.fr/actualite/hausse-de-la-tgap-letat-se-trompe-de-cible/)

Depuis son application la TGAP a contribué à une baisse d’environ 8% par an des tonnages enfouis et rapporte 1,2 milliards d’euros par an à l’Etat.

La loi de finances 2026 et la trajectoire TGAP

La loi de finances pour 2026, actuellement en débat à l’Assemblée Nationale, prévoit de confirmer et d’ajuster la trajectoire d’augmentation de la TGAP initialement définie par la loi AGEC. Voici les principales dispositions envisagées :

  • Confirmation de la trajectoire haussière : Le projet de loi maintient l’augmentation progressive de la TGAP jusqu’en 2025, avec un objectif de 65 €/tonne pour le stockage en 2025, qui devrait être maintenu jusqu’en 2030 après lecture au Sénat.
  • Modulation selon les performances : Certains amendements proposent une augmentation de la TGAP en corrélation avec la performance des installations. « L’amendement revoit également le niveau de la TGAP incinération en augmentant plus fortement celle des installations les moins performantes. En effet, comme le rappelait l’auteur de l’amendement dans son rapport de contrôle budgétaire sur l’économie circulaire, la valorisation énergétique et l’incinération sont tout en bas de la pyramide de hiérarchisation des modes de traitement des déchets. » (source : https://www.senat.fr/amendements/2025-2026/138/Amdt_I-1839.html)
  • Une hausse modérée : le Sénat revient sur le texte adopté par l’Assemblée Nationale et indique « la trajectoire prévue à l’article 21 du PLF, avec une hausse d’environ 10 % par an des tarifs de stockage sur la période 2026-2030, peut apparaître trop élevée dans un contexte de saturation des installations et de tensions sur les coûts pour les collectivités et les acteurs économiques. Le présent amendement propose donc une trajectoire atténuée.

Ces évolutions législatives confirment la volonté des pouvoirs publics de faire de la fiscalité environnementale un levier central de la transition vers l’économie circulaire. Les acteurs du secteur devront suivre de près les arbitrages finaux qui seront rendus lors de l’adoption définitive de la loi de finances.


3. Impact sur les coûts de collecte des ordures ménagères résiduelles (OMR)

L’augmentation de la TGAP aura un impact direct sur les coûts de traitement des ordures ménagères résiduelles.

Collecte déchets - coûts en hausse 2026

Les collectivités devront faire face à :

  • Une hausse des coûts de traitement : Estimée entre 15% et 25% d’ici 2026 selon les modes de traitement privilégiés.
  • Des coûts de collecte potentiellement en hausse : Liés à l’optimisation des circuits et à l’extension des consignes de tri.
  • La nécessité d’investir dans la prévention : Pour réduire les tonnages d’OMR et atténuer l’impact financier.

Les collectivités qui n’auront pas anticipé ces évolutions par des actions de prévention et d’amélioration du tri risquent de voir leurs budgets déchets fortement impactés.


4. Coûts d’incinération et d’enfouissement : une tendance à la hausse

Au-delà de la TGAP, plusieurs facteurs contribueront à l’augmentation des coûts de traitement en 2026 :

Centre d'incinération déchets

Incinération

  • Coûts énergétiques : La volatilité des prix de l’énergie impacte directement les coûts d’exploitation des incinérateurs.
  • Maintenance et mise aux normes : Les installations vieillissantes nécessitent des investissements importants pour respecter les normes environnementales.
  • Coût estimé : Entre 90 et 120 €/tonne en 2026, selon les installations et les régions.

Enfouissement

  • Raréfaction des capacités : De nombreux centres de stockage arrivent à saturation, créant une tension sur les capacités disponibles.
  • Exigences réglementaires renforcées : Les normes de construction et d’exploitation des ISDND (Installations de Stockage de Déchets Non Dangereux) deviennent plus strictes.
  • Coût estimé : Entre 85 et 110 €/tonne en 2026, TGAP incluse.

Ces augmentations rendent la valorisation matière de plus en plus compétitive économiquement.


5. Perspectives de rétribution : un modèle économique en mutation

Face à ces défis, la valorisation des matières recyclables offre de nouvelles opportunités économiques pour les collectivités et les professionnels.

Pour les collectivités

  • Soutiens financiers des éco-organismes : Les filières REP proposent des soutiens financiers en augmentation pour la collecte sélective, pouvant atteindre 150 à 200 €/tonne pour certains flux bien triés.
  • Vente des matières : Les cours des matières recyclables (papier, carton, plastiques, métaux) restent volatils mais peuvent générer des revenus complémentaires significatifs.
  • Réduction des coûts de traitement : Chaque tonne détournée de l’enfouissement ou de l’incinération représente une économie directe importante.
  • Bonus-malus : Le système incitatif encouragera financièrement les collectivités performantes en matière de tri.

Pour les professionnels

  • Obligation de tri 5 flux renforcée : Les professionnels devront trier papier/carton, métal, plastique, verre, bois et depuis 2024, les biodéchets.
  • Opportunités de valorisation : Les entreprises qui investissent dans le tri peuvent réduire significativement leurs coûts de gestion des déchets et même générer des revenus.
  • Accompagnement des éco-organismes : Des dispositifs d’aide et de conseil se développent pour accompagner les entreprises dans leur transition.
  • Image et RSE : Au-delà des aspects financiers, une bonne gestion des déchets améliore l’image de l’entreprise et répond aux attentes croissantes en matière de responsabilité sociétale.

6. Stratégies gagnantes pour 2026

Pour tirer parti de ces évolutions et limiter les impacts financiers, collectivités et professionnels peuvent adopter plusieurs stratégies :

  • Investir dans la communication et la sensibilisation : Pour améliorer les taux de tri et la qualité des matières collectées.
  • Optimiser les équipements de tri : Abris poubelles, conteneurs adaptés et signalétique claire facilitent les bons gestes.
  • Développer la prévention des déchets : Réduction à la source, lutte contre le gaspillage, promotion du réemploi.
  • Professionnaliser la gestion : Formation des agents, audits réguliers, suivi des indicateurs de performance.
  • Collaborer avec les éco-organismes : Maximiser les soutiens financiers disponibles et bénéficier des retours d’expérience.
  • Anticiper les évolutions réglementaires : Adapter les infrastructures et les organisations en amont des échéances légales.

Conclusion

L’année 2026 marquera un tournant dans la gestion des déchets en France. Si les contraintes réglementaires et financières s’intensifient, elles s’accompagnent aussi d’opportunités économiques significatives pour ceux qui sauront anticiper et s’adapter. La valorisation matière n’est plus seulement une obligation environnementale, elle devient un levier économique incontournable. Les collectivités et les professionnels qui investiront dès maintenant dans des solutions de tri performantes et des équipements adaptés seront les mieux positionnés pour maîtriser leurs coûts et bénéficier des mécanismes de rétribution liés à l’économie circulaire.

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